Camps de jour municipaux en temps de pandémie

camps de jour municipaux

Nous sommes nombreux au Québec à avoir vécu avec intensité une expérience de camp de jour ou de camp de vacances, comme campeuse ou campeur ou à titre de monitrice ou de moniteur. Comme me l’a appris un jour André Thibault, ce grand spécialiste du loisir, les municipalités du Québec ont reçu les camps de jour en héritage de l’Église catholique lors de la Révolution tranquille, à partir des années 1960. Les plus âgés se souviennent sûrement des OTJ, les organisations de terrains de jeux.

Les camps de jour municipaux sont des espaces de socialisation, d’apprentissage et de jeux pour les enfants du Québec. Ces derniers vivent des expériences différentes de celles vécues à l’école, avec leurs amis, dans leurs quartiers ou leurs villages. Ce sont d’autres lieux pour générer ce sens de la communauté et d’appartenance chez nos jeunes citoyennes et citoyens.

Les besoins évoluent depuis quelques années

Pourtant, avec le temps, les choses ont changé. Déjà depuis quelques années, les défis sont grands pour les municipalités qui travaillent fort dès l’hiver dans le but d’offrir un camp de jour de qualité à leurs enfants. Dans ma région, il n’est pas rare que le camp de jour soit complété par un service de garde de 6 h 30 le matin et jusqu’à 18 h le soir. C’est d’ailleurs le cas dans ma municipalité, et je ne serais pas surpris d’apprendre que d’autres municipalités au Québec font de même. Il y a donc une évolution du service offert. Et du besoin de nos familles.

La pénurie de main-d’œuvre se fait aussi sentir. Plusieurs municipalités ont de la difficulté à trouver des monitrices ou des moniteurs. Les jeunes ont de plus en plus de possibilités de trouver des emplois avec de meilleures conditions. Ils travaillent souvent dans des commerces ou des entreprises qui les emploient toute l’année, pas seulement l’été.

Les enfants aussi changent leurs habitudes. Il est maintenant rare, à Massueville, de trouver des jeunes de plus de 9 ans qui souhaitent s’inscrire au camp de jour. Est-ce un indice qu’il est temps de se poser des questions sur ce que nous leur offrons? Je retiendrais cette hypothèse.

Quand les restrictions mènent aux annulations

Sur le territoire de ma MRC, la pandémie a emmené les deux tiers des municipalités à annuler leurs camps de jour. Difficulté de recruter de la main-d’œuvre, équipements inadaptés au respect des consignes sanitaires essentielles, manque d’encadrement des monitrices et des moniteurs sont les principales raisons données pour cette décision.

Pourtant nos associations nationales, le Réseau des unités régionales de loisir et de sport (URLS), l’Association québécoise du loisir municipal (AQLM) et l’Association des camps du Québec (ACQ) ont travaillé fort avec la ministre Isabelle Charest pour accompagner les municipalités afin qu’elles puissent être en mesure d’ouvrir des camps de jours cet été. Des guides ont été produits (voir en annexe) et des formations sont offertes. D’ailleurs, un sondage auquel ont répondu 392 des 1333 municipalités du Québec indique que 90 % d’entre elles prévoient accueillir les enfants en camps de jour cet été. Au moment de faire le sondage, plusieurs municipalités évaluaient toujours la situation et n’avaient pas encore pris de décision.

Dans ma municipalité, la décision de ne pas offrir de camps de jour cet été fut difficile à prendre, très difficile. Mais nous ne pouvions pas garantir aux parents que leurs enfants passeraient un bel été avec nous, dans un environnement sécuritaire. Si les parents regrettent notre décision, ils la comprennent.

L’occasion de réfléchir

La situation actuelle, et les décisions qui en découlent dans les municipalités, pourrait être une bonne occasion pour nous forcer à faire une vraie réflexion sur la mission des camps de jour, sur leur préparation et leur organisation, et sur la capacité de certaines municipalités à les offrir. Pour s’assurer que tous les enfants du Québec puissent, dans la mesure du possible, avoir accès à cette expérience de camp de jour, indépendamment de la situation financière de la municipalité dans laquelle ils vivent.

 

Denis Marion

Maire de Massueville

 


Annexe

Guide de relance des camps en contexte de Covid-19

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